La plupart des images sur les algorithmes montrent des écrans, du code ou des cerveaux bleus qui brillent. Tell Me What To See prend une voie plus utile : Carola Lampe photographie leurs effets comme un problème de perception.

La photographe et développeuse berlinoise travaille sur cette série depuis 2019.1 Le projet s’intéresse à l’impact des nouvelles technologies sur le comportement et l’expérience humaine, en particulier aux données, aux algorithmes et à l’intelligence artificielle.2

Le sujet est vaste, mais le choix de la photographie le ramène à une question très concrète : qu’est-ce qui devient visible quand des systèmes calculent déjà ce qui mérite notre attention ? Lampe ne documente pas une application particulière. Elle construit plutôt une fiction visuelle autour d’un monde où une partie croissante de l’expérience est triée, mesurée et reconstruite par des systèmes techniques.

PhMuseum décrit le projet comme une exploration des bénéfices et des risques de cette transformation : les algorithmes peuvent structurer le chaos ou simplifier des tâches, mais aussi concentrer du contrôle, renforcer des biais, créer des bulles de filtres ou faciliter la surveillance.2

Il faut garder une frontière nette : la série est une interprétation artistique, pas une démonstration scientifique de ces effets. Sa force est ailleurs. Elle rend photographiable quelque chose qui est normalement invisible : la couche de décisions située entre le monde et ce que nous finissons par en voir.