Le design paramétrique adore les formes que l’on explique avec une équation et que l’on fabrique avec une machine. The Wicker Story essaie quelque chose de plus compliqué : faire passer ces formes par les mains d’un vannier.

Le studio a été fondé en 2019 à Hyderabad par l’architecte Priyanka Narula. Sur son site, il décrit sa méthode comme une traduction de processus numériques complexes vers des systèmes de matière et d’artisanat indiens.1 Le mot important est « traduction ». L’objectif n’est pas de demander à l’artisan de devenir une CNC humaine.

L’IIT Hyderabad, qui a invité Narula à présenter sa pratique en 2024, résume le studio comme une tentative de relier art, architecture et produit par une méthodologie de craft paramétrique. La conférence portait précisément sur les processus de conception utilisés pour faire évoluer une pratique de tressage traditionnelle avec des outils numériques.2

Cette direction répond à un problème assez concret du computational design. Les formes complexes sont faciles à générer à l’écran. Leur fabrication suppose ensuite souvent des moules, des machines multiaxes, des matériaux composites ou une infrastructure industrielle que le lieu de production ne possède pas.

Le wicker change l’équation. Le matériau est déjà un système continu et flexible. Il peut suivre des courbes sans exiger qu’une nouvelle pièce rigide soit usinée à chaque variation. Le travail de conception consiste alors moins à remplacer le geste qu’à produire une géométrie que ce geste peut absorber.13

The Wicker Story revendique aussi une méthodologie de production « zero waste » et présente ses produits comme durables.1 Ce sont les affirmations du studio, pas un bilan environnemental indépendant. Leur intérêt éditorial tient surtout à la manière dont la continuité du tressage, la réduction des raccords et le choix de matériaux comme le rotin ou la canne influencent directement la forme.

Le résultat renverse légèrement la hiérarchie habituelle. Le numérique ne vient pas dire à l’artisan comment devenir plus précis. Il sert à chercher des formes, puis doit se plier à une intelligence de matière déjà existante.

C’est probablement la partie la plus transférable du projet : quand une nouvelle technologie rencontre un savoir-faire ancien, la question n’est pas seulement « qu’est-ce qu’on peut automatiser ? ». Elle peut être « dans quel langage faut-il traduire le calcul pour qu’une main puisse encore répondre ? ».