Sur une affiche de death metal, Party Cannon ressemble à une erreur d’impression. Entre les logos noirs hérissés de pointes, le groupe écossais pose des lettres rondes, multicolores, presque sorties d’une invitation d’anniversaire.
Le résultat est devenu un cas d’école dans les conférences de design. Sauf que le groupe raconte une histoire beaucoup moins stratégique : personne n’avait préparé un grand plan de marque.1
Une identité qui part d’une blague
Le bassiste Chris Ryan explique que le nom vient d’une histoire racontée par leur premier chanteur, après avoir gaspillé son argent dans un canon à confettis qui ne fonctionnait pas. La blague est devenue un titre, puis le nom du groupe.1
La suite s’est construite de la même manière. Bailey Junior, qui développe les accessoires de scène depuis environ 2021, travaille avec du carton, de la mousse EVA et des matériaux achetés en magasin de bricolage. La contrainte budgétaire n’est pas cachée derrière une finition luxueuse. Elle devient l’esthétique.1
Le groupe ajoute ensuite bananes, gonflables, mascotte et accessoires volontairement idiots. Le public arrive désormais costumé et renvoie la blague vers la scène.
C’est là que le cas devient plus intéressant qu’un logo contrasté.
La cohérence vient après
Party Cannon n’a pas dessiné une charte puis demandé au public de la respecter. Le groupe a répété les mêmes choix assez longtemps pour qu’un langage apparaisse : couleurs enfantines, humour grossier, bricolage visible, décalage avec les codes agressifs du genre.
Ryan insiste sur le caractère accidentel de cette construction. Bailey dit lui-même que les fans surinterprètent parfois des accessoires conçus simplement pour s’amuser.1
Pour un studio ou un petit projet, la leçon est plutôt rassurante. Une identité forte n’a pas forcément besoin de naître complète dans Figma. Elle peut venir d’une contrainte répétée, d’un détail bizarre que l’on assume et de quelques décisions assez cohérentes pour que les autres commencent à jouer avec.
