Torso Electronics n’avait pas forcément besoin d’un nouveau logo. Le fabricant d’instruments électroniques avait surtout besoin d’arrêter de redécider à quoi il ressemblait à chaque nouveau projet.
Dans un entretien publié par The Brand Identity, l’équipe raconte avoir longtemps fabriqué elle-même instruments, packaging, site et communication.1 Torso documente aujourd’hui ses instruments sur son propre site2, tandis qu’Ozon présente le projet dans son portfolio.3 Cette autonomie donnait beaucoup de contrôle, mais chaque nouveau support repartait presque d’une page blanche.
Ozon Studio a commencé par explorer des pistes plus expressives et génératives. Puis le studio a fait quelque chose de moins spectaculaire : il a regardé plus attentivement ce qui existait déjà.1
Les designers disent avoir utilisé les instruments, étudié leurs interfaces et observé la façon dont ils équilibrent une surface assez immédiate avec des possibilités plus profondes.1 La petite ligne verticale du signe t|so devient alors à la fois séparateur et connecteur dans les compositions, les icônes et le motion design.1
Le système continue avec une notation encadrée pour les noms de modèles, Aeonik pour la communication plus expressive et Px Grotesk Mono pour l’information technique.1 Les icônes reprennent aussi la même logique de poids et d’espacement entre communication, interfaces numériques et matériel.1
Ce n’est pas la preuve qu’une identité « cohérente » vend davantage d’instruments ou rend automatiquement un produit meilleur. Ce sont les intentions décrites par le studio et son client.
L’idée transférable est plus modeste et plus utile. Quand un produit possède déjà une manière particulière de se comporter, le branding peut commencer par l’observer au lieu de le recouvrir.
Pour un petit studio, ça évite aussi un réflexe coûteux : chercher une nouvelle personnalité alors que le projet en possède peut-être déjà une dans ses boutons, ses matériaux, sa documentation et ses contraintes.
