Dans beaucoup de polices, les accents arrivent avec l'énergie d'une formalité administrative. La lettre existe, puis quelqu'un se souvient qu'il faut aussi faire un ã, un ç ou un é.

Pour la nouvelle identité d'Almeida & Dale, Porto Rocha a pris le problème dans l'autre sens.

La fonte sur mesure Diakritik AD a été dessinée pour le portugais brésilien, avec des diacritiques construits au même poids que les lettres.1

La langue entre dans le dessin dès le départ

Porto Rocha a développé Diakritik AD avec le typographe Marek Nedelka. BP&O décrit une fonte condensée, nourrie par la typographie du milieu du XXe siècle mais avec une construction plus géométrique contemporaine.1

Le détail utile n'est pas la référence historique. C'est la façon dont le système traite la langue.

Un accent n'est pas une petite pièce tolérée au-dessus du caractère principal. Son épaisseur et sa présence participent à la voix de la marque.

Pour une galerie brésilienne, ce choix évite une bizarrerie très commune du design international : fabriquer d'abord une identité dans un alphabet implicite, puis localiser ensuite.

Une identité après une fusion

Almeida & Dale existe à São Paulo depuis 1998. La galerie indique avoir finalisé en 2025 sa fusion avec Galeria Millan, fondée en 1986, et représenter aujourd'hui plus de 50 artistes et successions.2

La refonte arrive donc au moment où l'organisation change d'échelle.

La typographie principale est accompagnée de Bull-5, une fonte de Tightype inspirée des étiquettes de presse et de machine à écrire des années 1980. Le système utilise aussi des grilles dynamiques, de gros changements d'échelle et des images en plein cadre.1

L'idée est de pouvoir être très présent lorsque l'identité parle, puis de reculer lorsque l'œuvre doit prendre la place.

Localiser avant d'exporter

Ce projet raconte quelque chose de plus large que le branding d'une galerie.

Une police sur mesure peut facilement devenir une démonstration de style. Ici, l'une de ses décisions les plus distinctives tient dans des signes minuscules que beaucoup d'équipes traitent en fin de projet.

C'est une bonne inversion de priorité : dessiner la langue réelle d'abord, puis construire le système international autour. L'accent cesse d'être une correction. Il devient une lettre avec un peu plus de plomberie au-dessus.