Chercher une œuvre de musée suppose souvent de connaître déjà quelque chose : le nom de l’artiste, le titre, la période, la collection.
The Last Museum essaie l’ordre inverse.
On peut lui demander une idée, un sujet, un style ou simplement une description, puis parcourir les résultats à travers des collections de musées qui n’utilisent pas toutes les mêmes catalogues ni les mêmes interfaces.1
Le site annonce environ cinq millions d’œuvres indexées.1
Une barre de recherche au-dessus de milliers de collections
The Last Museum se présente comme un moteur de recherche pour l’art conservé dans les musées. Sa recherche est sémantique : elle accepte des thèmes, styles, sujets, ambiances ou descriptions libres.1
Pour un créateur, la différence est importante.
Une recherche classique fonctionne très bien pour retrouver « Hokusai Great Wave ». Elle est moins confortable quand on cherche plutôt « silhouettes minuscules dans un paysage immense », « objets domestiques rouges » ou « mains qui fabriquent quelque chose ».
Ce genre de requête ressemble davantage au début d’un moodboard qu’à une recherche bibliographique.
La page des institutions montre l’échelle de l’agrégation : British Museum, Rijksmuseum, Metropolitan Museum of Art, National Gallery of Art, Cooper Hewitt et de très nombreuses bibliothèques ou collections spécialisées apparaissent dans le même index.2
Colossal rapportait le 11 août plus de 290 000 artistes et 4 903 musées au moment de sa publication.3 Ces chiffres évoluent, donc il vaut mieux les lire comme une photographie du service que comme des constantes.
Le résultat renvoie vers l’institution d’origine
The Last Museum ne remplace pas les catalogues des musées.
Chaque fiche renvoie à sa source d’origine lorsqu’elle est disponible.1 C’est important pour deux raisons : la notice institutionnelle reste la référence à vérifier, et les droits d’une image ne deviennent pas magiquement libres parce qu’un moteur l’a indexée.
Le site le précise explicitement. Beaucoup d’œuvres sont dans le domaine public, mais certaines restent protégées. Leur présence dans l’index ne constitue pas une autorisation de réutilisation.1
C’est un détail particulièrement utile pour les designers, éditeurs et tatoueurs qui utilisent les collections publiques comme matière de recherche. « Je l’ai trouvé sur un site gratuit » n’est toujours pas une licence. L’univers conserve quelques pièges administratifs pour maintenir notre vigilance.
Le vrai outil est la transversalité
Les musées ont déjà énormément numérisé leurs collections. Le problème n’est donc pas seulement l’absence d’images.
C’est la fragmentation.
Chaque institution possède ses catégories, ses champs, son moteur, parfois ses propres conventions de traduction et de datation. The Last Museum ajoute une couche de recherche commune au-dessus de ces silos.12
Pour une recherche universitaire, il faudra continuer à revenir aux sources et aux métadonnées précises. Pour une phase exploratoire de création, cette couche commune peut être beaucoup plus rapide.
On ne commence plus par choisir le bon musée.
On commence par l’idée qu’on cherche.
Et seulement ensuite on découvre où l’objet était rangé depuis deux cents ans.
