Carolina Moscoso a quitté l’architecture, mais l’architecture n’a manifestement pas reçu le mémo.

Ses illustrations gardent des lignes très construites, des espaces domestiques et une logique de composition presque technique. Puis quelque chose déraille : une plante impossible, une perspective étrange, un détail qui transforme la pièce en petit rêve mal rangé.1

Commencer par une structure familière

Moscoso explique qu’elle ancre souvent ses dessins dans un environnement concret et reconnaissable avant de les pousser vers quelque chose de plus bizarre.1

Ce réflexe vient directement de son ancienne pratique. Elle a travaillé comme architecte et utilise encore AutoCAD dans son processus numérique. Son portfolio la présente d’ailleurs toujours comme architecte et artiste graphique portugaise installée à New York.2

Le passage à l’illustration n’a donc pas effacé l’ancien métier. Il lui a donné un autre problème à résoudre.

Pour une commande éditoriale, Moscoso cherche moins à maîtriser tout le sujet qu’à identifier l’élément humain, émotionnel ou symbolique qui peut devenir une image.1

Les outils survivent au métier

Son projet personnel Hypothetical Plants vient lui aussi de l’architecture. Elle avait commencé à constituer dans AutoCAD une bibliothèque d’objets pour ses plans : plantes, vases, personnes. Les plantes et les vases ont fini par devenir un projet autonome, puis une exposition.1

Dans un entretien précédent, elle expliquait déjà utiliser Photoshop ou AutoCAD avec un nombre volontairement limité d’outils, et revenir au papier quand elle avait besoin d’un geste plus libre.3

C’est une trajectoire intéressante pour quiconque change de discipline. Une reconversion n’oblige pas à jeter les réflexes de l’ancien métier. Les contraintes, les logiciels et la manière de découper un problème peuvent devenir précisément ce qui rend la nouvelle pratique différente.

Moscoso n’a plus besoin de faire tenir un bâtiment. Elle continue pourtant à faire tenir ses images comme si quelqu’un allait vérifier les plans.