Au départ, c’était un joli écran rond posé sous un moniteur. Quatre soirées plus tard, il affichait les avions voisins, la météo, une montre GMT et des trajectoires spatiales.
Le 9 août, son auteur a publié AirESP32ace en open source avec le firmware, une app macOS, des binaires prêts à flasher et des guides d’installation. Le projet tourne sur une carte Waveshare ESP32-S3 avec écran AMOLED tactile de 1,75 pouce et 466 × 466 pixels.
La liste de fonctions est amusante. La contrainte mémoire l’est davantage.
Le vrai travail est d’éviter de repeindre l’écran
Sur un petit microcontrôleur, rafraîchir une interface comme sur un ordinateur est une très mauvaise habitude. L’auteur explique avoir séparé les animations des mises à jour réseau, mis en cache les cartes statiques et utilisé des buffers en PSRAM pour ne redessiner que les zones qui changent.
Le radar reçoit donc périodiquement une nouvelle position des avions, puis interpole leur mouvement entre deux réponses réseau. La ligne du radar peut continuer à tourner sans attendre OpenSky.
Même logique pour la météo : les images nécessaires sont chargées pour une ville et un rayon donnés, réutilisées pendant l’animation, puis libérées lorsqu’elles ne servent plus.
C’est moins spectaculaire qu’une liste de vingt écrans. C’est aussi la partie qui transforme une démo en objet agréable à regarder.
L’objet a débordé de son idée initiale
AirESP32ace combine désormais suivi de vols, météo, horloges, phases lunaires, position de l’ISS et lancements spatiaux. Une app macOS prépare les cartes et les assets, gère les identifiants API et peut mettre à jour le firmware en USB-C.
L’auteur précise que l’immense majorité de l’implémentation a été générée avec de l’IA. Mais il décrit aussi très précisément les décisions qu’il a imposées : buffers, invalidation partielle, cadence d’animation, cache et séparation entre rendu et réseau.
C’est une nuance utile dans le débat sur le vibe coding. La génération peut écrire beaucoup de code. Quelqu’un doit encore sentir qu’un balayage radar qui accroche toutes les huit secondes est moche, puis comprendre assez bien la machine pour demander autre chose.
AirESP32ace n’est pas un instrument d’aviation certifié et son auteur le dit explicitement. C’est un objet personnel, construit autour d’un écran séduisant, qui montre surtout ce qui arrive quand on prend au sérieux les contraintes d’un petit ordinateur au lieu de lui demander de se comporter comme un Mac miniature.