Deux familles ont acheté une parcelle en bord de rivière dans le village néerlandais de Cothen et voulaient y construire leurs maisons. La commune posait une condition : les deux logements devaient tenir dans un seul volume de construction.

Le studio amstellodamois Woonpioniers a transformé cette contrainte en conception.2 Le résultat, CoHouse, est un volume de bois contenant deux habitations imbriquées, chacune pivotée autour de l’autre — une disposition que le studio décrit comme « un jeu de Tetris ».1

Extérieur du volume de bois CoHouse à Cothen
Depuis la rue, un seul volume à pignon se lit comme un bâtiment unique.Woonpioniers / Dezeen

La contrainte a fait la réflexion

La règle du volume unique aurait pu produire deux appartements identiques empilés ou coupés en deux. Au lieu de cela, Woonpioniers a utilisé la contrainte comme un outil. « Pour tirer le meilleur du jardin, des vues, de l’intimité et de la lumière, les deux maisons ont été soigneusement pivotées l’une autour de l’autre comme un jeu de Tetris », explique au studio Leen Bogerd à Dezeen.1

L’imbrication signifie que chaque maison entretient sa propre relation au site : l’une regarde vers un jardin clos, l’autre vers le paysage environnant. Partager un volume n’a pas signifié partager une vue ni un sentiment d’appartenance.1

Intérieur d’une des habitations de CoHouse
Chaque maison garde sa propre orientation, son intimité et sa lumière dans un seul volume.Woonpioniers / Dezeen

Les deux maisons ne sont pas identiques non plus, et c’est une partie de la méthode. Chacune a été ajustée aux besoins de sa famille, avec des plans orientés vers ce que ce foyer valorise — le jardin dans un cas, le paysage plus large dans l’autre. La métaphore du Tetris fonctionne parce que les pièces s’emboîtent tout en restant de formes différentes.

L’imbrication résout aussi un problème que la cohabitation rend d’ordinaire visible : comment deux foyers partagent un bâtiment sans avoir l’impression de partager une vie. Chaque maison a sa propre entrée et sa propre orientation, et le chevauchement se produit là où il coûte le moins — au milieu du volume, où les deux plans s’intercalent comme les pièces d’un puzzle.

Le bas carbone comme seconde contrainte

Les deux familles ont demandé une construction bas carbone, ce qui a donné au projet une seconde série de contraintes. La structure est un cadre en bois avec des planchers en bois lamellé-croisé et une isolation en fibre de bois, et le plancher séparatif entre les deux maisons utilise une construction acoustique biosourcée. L’énergie vient de pompes à chaleur géothermiques, d’une ventilation à récupération de chaleur et d’un toit solaire, avec des protections solaires sur les façades sud et ouest.1

L’ensemble représente 237 mètres carrés répartis entre les deux maisons.1

Le cadre en bois et les planchers CLT de CoHouse
Cadre en bois, planchers CLT et plancher séparatif biosourcé entre les maisons.Woonpioniers / Dezeen

La leçon est ancienne et vaut la peine d’être redite : une règle qui ressemble à une restriction — un volume, bas carbone — peut faire plus de travail de conception qu’une page blanche. La contrainte n’a pas limité le plan. Elle lui a donné une forme.

Une commune qui insiste sur un volume unique est souvent lue comme un obstacle. Ici, elle se lit comme le cahier des charges. Les familles ont quand même obtenu deux maisons distinctes ; elles ont simplement dû être construites comme si elles n’en formaient qu’une. Cette inversion — faire de la règle la méthode — est la partie qui mérite d’être copiée.