La plupart des applications de tâches supposent qu’une bonne organisation finira par gagner. Marco Arment a construit Unforgetful depuis l’hypothèse inverse : le rappel sera fermé, repoussé, oublié, puis enterré quelque part dans une jolie arborescence.1

Son application ne cherche donc pas à mieux classer les tâches. Elle cherche à les empêcher de disparaître.

Arment explique avoir fabriqué l’outil au printemps puis l’avoir utilisé pendant plusieurs mois avant de le publier le 14 août.1 Il part de trois irritants personnels : un rappel sans heure peut ne jamais produire de notification, une notification fermée par erreur peut être perdue et les options de report ne correspondent pas à sa façon de travailler.1

Unforgetful répond avec des choix presque agressivement simples. Les notifications se répètent jusqu’à ce que la tâche soit terminée ou supprimée. Le snooze devient une fonction centrale. Il n’y a ni dossiers, ni tags, ni statut « en retard ».1

L’application utilise surtout la base de données d’Apple Reminders. Cela conserve la capture vocale avec Siri et évite de migrer vers encore un autre « système » de productivité.12

Le point intéressant n’est pas de savoir si cette méthode convient à tout le monde. Arment présente explicitement l’application depuis sa propre expérience et parle d’un outil pour les personnes qui procrastinent, oublient ou se reconnaissent dans son rapport au TDAH.1 Ce n’est pas une preuve clinique d’efficacité.

C’est plutôt un joli exemple de design défensif : au lieu d’exiger que l’utilisateur adopte le comportement idéal, l’interface part du comportement qui pose problème.

Parfois, enlever un dossier vaut mieux qu’ajouter une méthode en sept étapes avec un nom japonais vaguement inventé.