Dans l'eau, filtrer des microplastiques reste difficile mais envisageable. Dans le sol, c'est une autre affaire : les particules se logent entre les grains, hors de portée d'un simple filtre. Creuser toute la terre pour la traiter n'est pas une solution réaliste.

Une équipe menée par Jeonghyo Kim propose une voie différente : des microparticules de MXene Ti3C2Tx, conçues pour attirer les microplastiques visés, associées à des nanoparticules de nickel ferromagnétiques.1 Le résultat se déplace dans le sol sous l'effet d'un champ magnétique extérieur, à la manière de micro-robots, puis se récupère avec un aimant puissant.

En laboratoire, les chercheurs disent avoir retiré environ 81 % des particules de polystyrène et 72 % des particules de PET présentes dans le sol, avec des taux plus élevés dans l'eau.1 L'article est publié dans NPG Asia Materials.2

La partie vraiment intéressante n'est pas le pourcentage, c'est le geste. Au lieu de déplacer la terre vers l'usine de traitement, on envoie un agent se déplacer dans le sol et revenir. La dépollution devient une opération dirigée de l'extérieur plutôt qu'une excavation.

Ce qui reste inconnu pèse lourd : le comportement en conditions réelles, avec la variété des types de sol, de l'humidité et de la matière organique.1 Un résultat de laboratoire ne dit rien encore de ce que donnera un champ agricole. Pour l'instant, c'est une porte ouverte, pas une machine prête à l'emploi.