Un paquet de céréales est conçu pour être reproduit par millions. Lucy Sparrow fait exactement l’inverse : elle le recoud à la main.

Pour The Beginning of Convenience, ouverte le 18 juillet 2026 au Momentary dans l’Arkansas, l’artiste britannique a reconstruit un supermarché américain inspiré des années 1980 et 1990 entièrement en feutre. Son site annonce plus de 20 000 œuvres fabriquées à la main réparties sur environ 4 000 pieds carrés, soit 370 m².1

Les rayons reprennent des aliments, boissons, produits ménagers et appareils familiers. La répétition est importante. Une seule boîte molle pourrait être une sculpture amusante. Des milliers d’objets cousus recréent la logique d’un système industriel avec une méthode qui ne peut précisément pas suivre sa cadence.

Sparrow travaille depuis plus d’une décennie sur ce principe. Elle transforme supermarchés, pharmacies et commerces de proximité en environnements textiles complets.1 Le feutre retire aux emballages leur brillance, leur rigidité et une partie de leur efficacité commerciale. Il conserve en revanche leurs couleurs, leurs logos et leur capacité à déclencher un souvenir.

Le projet montre aussi quelque chose de très concret sur la fabrication en série. La différence entre répéter une forme et industrialiser sa production est immense. Sparrow choisit la répétition sans automatisation. Chaque copie garde donc le coût humain que l’objet original cherche normalement à faire disparaître.

Le résultat ressemble à un magasin, mais fonctionne comme un inventaire de gestes : découper, assembler, coudre, peindre, recommencer. Vingt mille fois.

L’installation doit rester visible jusqu’au 11 juillet 2027.1 On peut y voir de la nostalgie pour les emballages des années 1990. On peut surtout y voir une blague très coûteuse en heures de travail sur l’idée même de « convenience ».