Dans cette annexe d’Ichihara, la rénovation ne commence pas par décider quelle époque du bâtiment mérite d’être sauvée. Le studio Kurosawa Kawara-ten garde le problème entier : une ancienne propriété liée au commerce familial du bois, une petite salle de six tatamis, puis des bardages, de la brique décorative et des extensions ajoutés au fil des changements de vie.1
La source est à lire avec une précaution simple. Designboom précise que le projet lui a été envoyé via sa rubrique de soumissions DIY.1 Les choix et intentions décrits viennent donc largement du studio. Cela ne les rend pas faux. Cela évite simplement de transformer une présentation de projet en enquête indépendante, ce petit tour de passe-passe éditorial qui rend soudain toutes les intentions parfaitement mesurables.
L’annexe rassemble salle de thé, stockage et garage. Le nouveau volume vitré sépare la pièce rénovée des parties plus hétérogènes et l’ouvre vers le jardin.1 Le sol est mis au niveau du terrain extérieur afin que la mère du client, dont la mobilité est réduite, puisse passer de l’intérieur au jardin sans marche.1 Ici, l’accessibilité n’est pas ajoutée sous forme de dispositif visible : elle modifie directement la coupe du projet.

Le travail devient plus intéressant dans les matériaux. Des éléments existants restent en place : poteau décoratif, tablette périphérique, porte coulissante. Un plateau de keyaki provenant du tokonoma est raboté et réutilisé comme étagère. Du chêne japonais à feuilles persistantes, issu d’arbres abattus à proximité et promis au rebut selon le studio, revient en panneaux intérieurs et extérieurs.1
À côté, le projet ajoute du cyprès neuf traité au mordant de fer pour rapprocher sa teinte du bois existant. Les poteaux extérieurs sont en acier Corten, choisi pour évoluer en surface. La marquise est revêtue de titane, à l’inverse retenu pour la stabilité de son aspect.1

C’est là que la pièce dépasse l’exercice de « réemploi ». L’ancien n’est pas peint pour ressembler au neuf, et le neuf n’est pas entièrement vieilli pour jouer à l’ancien. Chaque matière arrive avec sa propre manière de changer.
La rénovation conserve même des ajouts banals qui auraient été faciles à condamner comme des erreurs tardives. Elle ne restaure pas une origine imaginaire. Elle compose avec une maison qui a continué à être bricolée après la fermeture de l’activité familiale et les départs vers la ville.1
Six tatamis, ce n’est presque rien à l’échelle d’un projet architectural. C’est justement ce qui fonctionne ici. Le studio ne prétend pas sauver le parc immobilier japonais avec une annexe. Il montre une méthode plus modeste : considérer les couches d’usage, les matériaux disponibles et les contraintes présentes comme un seul stock de projet.
