G’MIC ressemble parfois moins à un logiciel qu’à un tiroir dans lequel quelqu’un aurait rangé dix-sept ans d’expériences sur les pixels sans jamais accepter de jeter les plus étranges.

La version 4.0 du framework open source de traitement d’image poursuit exactement cette logique. L’équipe du GREYC y présente de nouveaux filtres dans G’MIC-Qt, notamment Pixel Stretch, Marker Drawing et Heightfield Warp, mais aussi de nouvelles commandes du langage G’MIC, des scripts de creative coding et un dépôt de démonstrations interactives.1

Le point intéressant n’est pas la longueur de la liste. C’est la manière dont ces fonctions restent combinables. G’MIC existe comme outil en ligne de commande, bibliothèque et interface graphique utilisée notamment avec des logiciels d’image. Un filtre peut donc être un effet prêt à cliquer, mais aussi une brique dans une chaîne de traitement plus précise.

La 4.0 met par exemple en avant le transfert de couleur guidé. Le transfert de couleur classique cherche à rapprocher statistiquement les couleurs d’une image de celles d’une autre. Le mode guidé permet d’ajouter des correspondances pour mieux contrôler ce transfert.1 C’est typiquement le genre de fonction qui peut être utilisée comme effet spectaculaire ou comme outil de fabrication beaucoup plus discret.

Le projet montre aussi plusieurs scripts de creative coding. Là encore, l’intérêt est moins de produire « le bon filtre » que de fournir assez de primitives pour fabriquer un comportement que l’interface n’avait pas prévu.

Pour un outil créatif, cette philosophie est presque à contre-courant. Beaucoup de logiciels cherchent à réduire le nombre de décisions visibles. G’MIC accumule au contraire des opérations et laisse l’utilisateur les assembler. C’est moins propre. C’est aussi ce qui lui permet de devenir autre chose que la somme de ses menus.