Duncan est en train de construire le site d’un ami tatoueur. Au lieu de choisir une police vaguement « tattoo » dans un catalogue, il est parti d’un objet déjà présent dans le travail de l’artiste : une enseigne qu’il avait peinte quelques années plus tôt.

Puis il a demandé à Codex d’en fabriquer une police.

Le thread qu’il a publié détaille une chaîne assez concrète. D’abord, l’image de l’enseigne sert de référence. Codex génère ensuite les caractères nécessaires. Une première planche donne des contours trop sales, donc Duncan recommence avec des groupes de caractères plus grands, séparés, sur fond vert pour faciliter l’extraction.

L’IA ne s’arrête pas à l’image

La partie intéressante arrive après.

Duncan demande à Codex de construire le fichier de police lui-même. Le script Python généré utilise notamment fontTools, Pillow, NumPy et scikit-image. Il retire le vert, récupère un canal alpha, applique un léger flou pour calmer les parasites, repère les lignes et les caractères par projections de pixels, trace leurs contours puis les écrit comme glyphes TrueType. Le résultat est enfin converti en WOFF2 pour le web.

Selon Duncan, l’ensemble a pris environ dix minutes. Il précise aussi que la police pourrait être nettoyée davantage. C’est important : on parle d’un outil suffisamment propre pour ce site, pas d’un nouveau métier de typographe emballé dans trois prompts.

Ce procédé est surtout intéressant parce qu’il renverse le point de départ habituel. L’IA ne sert pas ici à inventer une identité visuelle générique. Elle aide à transformer une trace déjà produite par l’artiste en matériau numérique réutilisable.

Pour un petit studio, un tatoueur ou n’importe quel artisan qui a déjà des lettres peintes, gravées ou dessinées quelque part dans son univers, c’est une piste très concrète : commencer par ses propres formes, puis automatiser la partie fastidieuse de fabrication de la fonte.