Quand ChartierDalix livre l’école des sciences et de la biodiversité à Boulogne-Billancourt en 2014, le bâtiment propose une idée assez littérale : la façade et la toiture doivent aussi servir d’habitat. Dix ans de suivi permettent maintenant de regarder ce principe autrement qu’en photo de livraison.12

L’étude publiée en 2026 recense 345 espèces observées sur le site : 207 plantes, 100 invertébrés, 20 oiseaux, auxquelles s’ajoutent quelques reptiles et chauves-souris. Les auteurs jugent cette diversité comparable à celle de parcs proches.1

Prototype de mur biodiversitaire de ChartierDalix avec cavités et substrat
Le travail ne consiste pas à coller une végétation devant un mur : l’agence expérimente cavités, continuité du substrat, eau et abris comme propriétés du système constructif.ChartierDalix

Le résultat le plus intéressant n’est pourtant pas le compteur d’espèces. Le suivi montre que la persistance écologique dépend aussi des pratiques humaines, de la maintenance et de la capacité à modifier l’organisation du lieu lorsque les usages entrent en conflit avec la conservation.1

Cette logique prolonge directement la recherche de l’agence sur les « murs accueillants ». Depuis 2017, ChartierDalix teste avec différents partenaires des bétons contenant cavités, poches de substrat et réseaux continus capables de retenir eau et matière. Les prototypes sont observés dans le temps, pas seulement dessinés.2

D’autres recherches récentes, par exemple autour de l’Animal-Aided Design aux Galápagos, partent du même déplacement : choisir les espèces visées et intégrer leurs besoins de cycle de vie dès la conception plutôt que rajouter une boîte à oiseaux à la fin.3

L’école de Boulogne ajoute quelque chose de précieux à cette idée. Une architecture pour le vivant n’est pas terminée quand le chantier l’est. Si l’habitat évolue, l’entretien, les usages et le suivi deviennent eux aussi des matériaux de conception.