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title: "À Quito, ce banc retient plus de 1 000 litres de pluie avant le réseau"
locale: "fr"
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category: "ideas"
tags: ["Quito", "design urbain", "eau", "SUDS", "résilience"]
published_at: "2026-08-22T09:37:00.000Z"
author: "Camille Morel"
translation: "https://irz.fr/en/articles/yaku-bench-stormwater-network-en.md"
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# À Quito, ce banc retient plus de 1 000 litres de pluie avant le réseau

Yaku ressemble à un mobilier ombragé. Sous ses 27 m², il stocke et infiltre la pluie : le pilote a retenu plus de 1 000 litres lors d’un épisode, avant que cette eau ne charge le réseau.

Un banc ne résout pas une inondation. **Un banc peut néanmoins empêcher une petite partie de la pluie de devenir immédiatement le problème de l’égout.** C’est la différence qui rend Yaku intéressant.

Installé au parc Isla Tortuga, dans le nord de Quito, le prototype occupe 27 m² et ressemble d’abord à du mobilier urbain : une assise, de l’ombre, des plantations. El Sindicato Arquitectura l’a dessiné avec le Cities LAB de la Banque interaméricaine de développement et la Secretaría de Hábitat y Ordenamiento Territorial de Quito.[1](https://www.archdaily.com/1183770/yaku-sustainable-urban-runoff-management-module-el-sindicato-arquitectura)[3](https://quitoinforma.quito.gob.ec/2024/08/01/quito-gano-un-fondo-de-financiamiento-del-bid-para-un-programa-piloto-de-resiliencia-climatica/)

Sous cette apparence, le trajet de l’eau change. La pluie est captée, conduite vers des cellules souterraines, stockée puis relâchée progressivement dans le sol. Une partie peut aussi servir à l’irrigation.[2](https://hubdeciudades.org/san-jose-guatemala/) Le HUB de Ciudades publie aujourd’hui un résultat concret pour le pilote : **plus de 1 000 litres retenus au cours d’un seul épisode de pluie**.[2](https://hubdeciudades.org/san-jose-guatemala/)

Mille litres ne font évidemment pas de Yaku un barrage miniature. Ce que le chiffre rend tangible est plus banal, et plus intéressant : on peut glisser une fonction hydraulique dans un objet ordinaire de la ville.

## Avant l’égout

Sur une rue largement imperméabilisée, la pluie file des toitures vers la chaussée, puis vers les grilles. Toutes ces petites arrivées finissent par se rencontrer dans le réseau. Un sol qui absorbe peu raccourcit encore le trajet.

Yaku intervient avant cette concentration. Les documents du projet décrivent des surfaces perméables, un système de stockage et des cellules qui rendent ensuite l’eau au sol graduellement.[1](https://www.archdaily.com/1183770/yaku-sustainable-urban-runoff-management-module-el-sindicato-arquitectura)[2](https://hubdeciudades.org/san-jose-guatemala/) Ce n’est pas seulement « récupérer de l’eau de pluie » : l’intérêt hydraulique tient aussi au **temps**. Retenir un volume maintenant, puis l’infiltrer ou l’utiliser plus tard, évite qu’il rejoigne immédiatement le pic de ruissellement.

> Illustration: Schéma en quatre étapes du trajet de l’eau dans Yaku : captage, stockage, réutilisation et infiltration. Le module ne fait pas disparaître l’eau. Il change son trajet et surtout son calendrier : une partie est stockée, réutilisée ou rendue au sol plus lentement. Credit: [Illustration IRZ d’après le HUB de Ciudades](https://hubdeciudades.org/san-jose-guatemala/).

Le chiffre de 1 000 litres doit rester à sa place. Le HUB parle de la capacité du prototype lors d’un épisode de pluie et précise que l’eau stockée a réellement été utilisée pour arroser un jardin de fleurs.[2](https://hubdeciudades.org/san-jose-guatemala/) Les sources publiques consultées ne donnent en revanche ni courbe pluie-débit, ni temps de vidange détaillé, ni comparaison du réseau avant et après l’installation.

L’objet retient donc bien de l’eau; l’étape suivante reste ouverte. Combien de modules faudrait-il, où les placer, et sur quels sols, avant de voir quelque chose dans les chiffres d’un quartier ? Les sources actuelles ne permettent pas d’y répondre.

## Quito déborde

Cette prudence compte parce que le problème autour du prototype n’a rien de décoratif. Entre janvier et mai 2026, le COE métropolitain de Quito a coordonné 552 événements adverses. Les inondations arrivaient en tête avec **188 cas**, devant les chutes d’arbres et les mouvements de terrain.[5](https://quitoinforma.quito.gob.ec/2026/06/11/coe-metropolitano-coordino-la-atencion-de-552-eventos-adversos-durante-este-2026/)

La ville répond aussi par l’infrastructure lourde. En juillet 2026, Quito détaillait plusieurs collecteurs de soulagement pluvial : 4,6 millions de dollars pour Eloy Alfaro, environ 3,4 millions pour La Granados, 1,7 million pour Jorge Piedra, auxquels s’ajoutent environ 4,45 millions pour l’extension et la captation de la quebrada El Tejado.[4](https://quitoinforma.quito.gob.ec/2026/07/07/quito-fortalece-su-red-subterranea-para-reducir-inundaciones-y-proteger-a-las-familias-quitenas/)

Comparer directement ces ouvrages à Yaku n’aurait guère de sens. Le collecteur déplace de gros débits sous la rue et ajoute de la capacité; les 27 m² du module essaient seulement qu’une petite quantité d’eau **n’arrive pas tout de suite** jusque-là.

> Illustration: Comparaison entre le petit module distribué Yaku et les grands collecteurs pluviaux enterrés de Quito. Yaku agit en amont, au point de chute. Les grands collecteurs prennent en charge les volumes qui atteignent malgré tout le réseau. Les deux échelles sont complémentaires. Credit: [Illustration IRZ d’après Quito et Cities LAB](https://quitoinforma.quito.gob.ec/2026/07/07/quito-fortalece-su-red-subterranea-para-reducir-inundaciones-y-proteger-a-las-familias-quitenas/).

C’est justement pourquoi parler de « banc anti-inondation » serait trop généreux. La valeur du prototype est moins spectaculaire : il teste la possibilité de distribuer une fonction hydraulique dans l’espace public au lieu de demander au seul réseau enterré d’absorber chaque goutte après coup.

## La couche distribuée

Quito a formalisé cette logique avant Yaku. Son ordonnance 060-2023 sur l’infrastructure verte-bleue prévoit explicitement une politique de systèmes urbains de drainage durable, les SUDS, et de solutions fondées sur la nature aussi bien dans les nouveaux projets que dans le tissu urbain déjà consolidé.[6](https://www.quito.gob.ec/documents/ord-060-2023-met_-_infraestructura_verde-azul.pdf)

Une ville déjà construite ne redeviendra pas un bassin versant intact. Elle peut toutefois récupérer, morceau par morceau, quelques fonctions perdues du cycle de l’eau : infiltration, végétation, ralentissement, stockage temporaire.

Yaku condense ces fonctions dans un objet assez petit pour occuper un espace public ordinaire. Le projet associe jardin de pluie, réservoir, infiltration, irrigation, assise et protection solaire.[2](https://hubdeciudades.org/san-jose-guatemala/)[3](https://quitoinforma.quito.gob.ec/2024/08/01/quito-gano-un-fondo-de-financiamiento-del-bid-para-un-programa-piloto-de-resiliencia-climatica/) La forme de mobilier n’est donc pas un emballage ajouté après l’ingénierie. C’est ce qui permet à l’infrastructure de prendre une place déjà disputée par les circulations, les usages et le confort.

> Illustration: Schéma des fonctions combinées par Yaku : eau, assise, ombre, plantes, infiltration et pédagogie. Le module doit justifier ses 27 m² même lorsqu’il ne pleut pas. Assise, ombre et plantation rendent la fonction hydraulique compatible avec un usage quotidien. Credit: [Illustration IRZ d’après Quito SHOT, Cities LAB et ArchDaily](https://www.archdaily.com/1183770/yaku-sustainable-urban-runoff-management-module-el-sindicato-arquitectura).

## Quand il sèche

Le dispositif devient surtout intéressant quand il ne pleut pas. Une bouche d’égout peut rester parfaitement ingrate jusqu’à l’orage; Yaku, lui, occupe 27 m² qu’il faut justifier aussi pendant les périodes sèches de Quito. Le HUB décrit une ville prise entre épisodes de pluie intense et séquences prolongées sans pluie, auxquelles s’ajoute une forte exposition solaire.[2](https://hubdeciudades.org/san-jose-guatemala/)

L’assise et l’ombre lui donnent alors un usage quotidien. Quant à l’eau gardée sous terre, elle peut ressortir plus tard pour les plantations. Le même mètre carré répond ainsi, à des moments différents, à un excès d’eau puis à un besoin d’arrosage.

Le projet municipal de 2024 avait reçu l’un des trois financements pilotes de 30 000 dollars attribués par le HUB du BID; six techniciens de la SHOT avaient conduit le design présenté au concours.[3](https://quitoinforma.quito.gob.ec/2024/08/01/quito-gano-un-fondo-de-financiamiento-del-bid-para-un-programa-piloto-de-resiliencia-climatica/) Deux ans plus tard, la page de résultats du HUB rapporte non seulement la rétention d’eau et l’irrigation du jardin, mais aussi un usage positif du mobilier par le public et un premier prix du Conseil équatorien de la construction durable dans la catégorie infrastructure urbaine durable.[2](https://hubdeciudades.org/san-jose-guatemala/)

Reste tout ce qu’un service d’eau voudrait connaître avant de multiplier le dispositif. Comment les surfaces vieillissent-elles après plusieurs saisons ? Les cellules se colmatent-elles ? Combien coûte l’entretien, que devient la qualité de l’eau, et le résultat change-t-il avec le sol ? La page publique du pilote ne répond pas encore à ces questions, pas plus qu’elle ne mesure l’effet cumulé de plusieurs modules.

## Un réseau visible

Yaku devient plus intéressant quand on cesse de demander s’il peut remplacer un égout. Il ne le peut pas, et personne n’a besoin qu’il le fasse.

Le projet déplace plutôt la frontière de ce qu’on appelle infrastructure. Une partie du réseau peut être **au-dessus du sol, utilisée tous les jours et compréhensible sans ouvrir une plaque d’égout**. On s’assoit dessus; les plantes rendent la réutilisation visible; l’ombre suffit à faire rester quelqu’un.

Les grands collecteurs de Quito restent indispensables. Reste qu’une ville peut aussi intervenir avant la canalisation si elle veut étaler les arrivées. Face à des kilomètres de réseau enterré, un jardin de pluie ou Yaku paraît minuscule. C’est aussi ce qui permet de répéter ce type d’intervention près de l’endroit où la pluie tombe.

Pour l’instant, Yaku prouve une chose modeste et utile : sur 27 m², un mobilier public peut retenir plus de 1 000 litres pendant un épisode, les réemployer et rester fréquenté quand le ciel est sec.[1](https://www.archdaily.com/1183770/yaku-sustainable-urban-runoff-management-module-el-sindicato-arquitectura)[2](https://hubdeciudades.org/san-jose-guatemala/) La prochaine question n’est plus de savoir si un banc peut participer au drainage. C’est de mesurer ce qui se passe lorsque la ville en fait réellement un système.

## References

1. [ArchDaily, « Yaku – Sustainable Urban Runoff Management Module / El Sindicato Arquitectura », 21 août 2026](https://www.archdaily.com/1183770/yaku-sustainable-urban-runoff-management-module-el-sindicato-arquitectura)
2. [HUB de Ciudades de América Latina y el Caribe, Yaku — Quito, résultats du pilote](https://hubdeciudades.org/san-jose-guatemala/)
3. [Quito Informa, « Quito ganó un fondo de financiamiento del BID para un programa piloto de resiliencia climática », 1 août 2024](https://quitoinforma.quito.gob.ec/2024/08/01/quito-gano-un-fondo-de-financiamiento-del-bid-para-un-programa-piloto-de-resiliencia-climatica/)
4. [Quito Informa, « Quito fortalece su red subterránea para reducir inundaciones », 7 juillet 2026](https://quitoinforma.quito.gob.ec/2026/07/07/quito-fortalece-su-red-subterranea-para-reducir-inundaciones-y-proteger-a-las-familias-quitenas/)
5. [Quito Informa, « COE Metropolitano coordinó la atención de 552 eventos adversos durante este 2026 », 11 juin 2026](https://quitoinforma.quito.gob.ec/2026/06/11/coe-metropolitano-coordino-la-atencion-de-552-eventos-adversos-durante-este-2026/)
6. [Municipio del Distrito Metropolitano de Quito, Ordenanza Metropolitana 060-2023 — Infraestructura Verde-Azul](https://www.quito.gob.ec/documents/ord-060-2023-met_-_infraestructura_verde-azul.pdf)
