Les guitares de jeux rythmiques ont longtemps été des périphériques qu’on achetait, usait puis cherchait désespérément d’occasion dix ans plus tard.
Polybar prend le chemin inverse : en faire un système que l’on peut fabriquer soi-même.
Le projet de Three Pieces Controllers regroupe des modèles imprimables en 3D, des fichiers de PCB prêts à commander et un guide de construction pour des jeux comme Clone Hero ou YARG. La version 6 a notamment ajouté le support du Raspberry Pi Pico, du Bluetooth, d’un accéléromètre et d’un capteur Hall pour la barre de vibrato.
Les versions suivantes ont continué à modifier des détails très physiques : roulements pour la barre de strum, hauteur de switches, assemblage press-fit, orientation des pièces pour éviter les supports ou petits problèmes de collision.
C’est précisément ce qui rend le dépôt intéressant. Un contrôleur n’est plus une coque figée autour d’une électronique propriétaire. Il devient une suite de pièces que quelqu’un peut réimprimer, ajuster ou remplacer.
« Open source » demande ici une nuance
Le créateur présente Polybar comme un projet ouvert et partage bien ses fichiers de fabrication. Mais le dépôt utilise une licence CC BY-NC-SA 4.0 qui interdit les usages commerciaux sans autorisation.
Ce n’est donc pas de l’open source au sens strict utilisé par les licences logicielles OSI. Le bon terme est plutôt un projet de fabrication partagé et modifiable avec restriction commerciale.
Cette nuance n’enlève rien au geste maker. Elle évite simplement de transformer « les fichiers sont disponibles » en licence universelle par magie.
Le projet rappelle surtout qu’un objet de loisir peut gagner une seconde vie quand sa forme mécanique, son électronique et sa documentation deviennent suffisamment accessibles pour être refabriquées. Même une fausse guitare en plastique finit par devenir un petit terrain d’ingénierie.