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title: "Cette lampe de 8,8 kg confie sa lumière à du papier"
locale: "fr"
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category: "craft"
tags: ["luminaire", "washi", "ceramique", "artisanat", "design"]
published_at: "2026-08-20T09:13:00.000Z"
author: "Camille Morel"
translation: "https://irz.fr/en/articles/maison-cedrat-washi-interface-en.md"
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# Cette lampe de 8,8 kg confie sa lumière à du papier

Chez Maison Cédrat, la terre porte, le washi diffuse et une série d’interfaces discrètes permet au voile de bouger ou d’être remplacé. Le détail intéressant est entre les matières.

La Lumia de Maison Cédrat pèse **8,8 kg**. Sa base en terre extrudée mesure environ 37 cm de haut ; au-dessus, un voile de papier japonais s’étend sur près de 45 cm. Si on s’en tient aux matériaux, la rencontre paraît surtout spectaculaire : un bloc minéral sous une feuille presque transparente.[1](https://www.maisoncedrat.com/produit/lumia/)

Le mécanisme est plus intéressant. La terre ne diffuse pas la lumière, le papier ne porte pas la lampe, et aucun des deux n’est chargé de résoudre seul l’assemblage. Entre eux se glissent du hêtre tourné, des arceaux en fibre de verre, des manettes en bois et un système qui permet de faire pivoter le voile vers l’avant, l’arrière ou les côtés.[1](https://www.maisoncedrat.com/produit/lumia/)

Autrement dit, l’objet fonctionne parce que chaque matière reçoit une tâche assez étroite.

## La terre porte

Sur Lumia, Maison Cédrat utilise un pied en terre extrudée, proposé en terre cuite, terre crue cirée ou finition noire. La fiche produit donne une emprise d’environ 70 × 45 × 20 cm pour l’ensemble et 8,8 kg sur la balance.[1](https://www.maisoncedrat.com/produit/lumia/)

Cette masse n’est pas seulement visuelle. Un abat-jour de 45 cm de large peut changer de position ; il faut donc une base qui reste calme pendant que la partie haute bouge. La terre apporte ici poids, volume et une surface qui réagit elle aussi à l’éclairage : Maison Cédrat indique que les différentes finitions changent la teinte perçue de la lumière.[1](https://www.maisoncedrat.com/produit/lumia/)

Designboom décrit la collection Aura comme un contraste entre le poids minéral de l’argile et la quasi-absence de masse du washi, tandis que FORMÆ insiste sur la manière dont la brique et le papier deviennent deux registres d’un même halo.[3](https://www.designboom.com/design/maison-cedrats-new-lamps-light-clay-handcrafted-washi-paper/)[6](https://formaemagazine.com/fr/articles/maison-cedrat)

Mais regarder seulement ce contraste ferait manquer le travail structurel caché entre les deux.

## Le papier diffuse

Le voile est fabriqué en papier japonais artisanal. Les publications récentes de Maison Cédrat identifient **Atelier Papetier** comme fabricant de cette partie.[1](https://www.maisoncedrat.com/produit/lumia/)

L’atelier est installé à Salasc, dans l’Hérault. Benoît Dudognon et Stéphanie Allard y fabriquent du papier japonais à partir de kozo, le mûrier à papier, récolté localement ; l’atelier explique pouvoir produire son papier blanc naturel de 7 à 100 g/m² et adapter formats, textures et épaisseurs selon les projets.[5](https://atelierpapetier.fr/accueil/fabrication-du-papier-japonais/)

Pour le luminaire, sa description technique est assez directe : le washi possède une forte résistance mécanique tout en pouvant rester suffisamment fin pour diffuser la lumière. L’Atelier Papetier documente des usages où le papier est collé, cousu sur une structure ou simplement suspendu devant une source lumineuse.[4](https://atelierpapetier.fr/papier-pour-design/)

Ce contexte ne donne pas le grammage exact du papier de Lumia, que Maison Cédrat ne publie pas. Il explique en revanche pourquoi un matériau apparemment fragile peut devenir une pièce fonctionnelle de grande dimension sans qu’on lui demande de tenir les 8,8 kg placés dessous.

> Lumia
> **Une matière, une tâche**
> - La base en terre apporte masse et stabilité.: 8,8 kg
> - Le voile de washi diffuse la lumière sur une grande surface.: 45 cm
> - Les arceaux donnent une géométrie au papier sans l’alourdir.: Fibre de verre
> - Support et manettes créent l’interface avec la main.: Hêtre
> Décomposition IRZ à partir de la nomenclature publiée par Maison Cédrat.

La finesse du papier devient donc utile parce qu’une autre pièce s’occupe de sa géométrie.

## Le voile bouge

Lumia n’est pas un abat-jour posé une fois pour toutes. Deux manettes permettent d’incliner le voile. Maison Cédrat présente cette mobilité comme un moyen d’ajuster la diffusion selon l’usage et l’ambiance recherchée.[1](https://www.maisoncedrat.com/produit/lumia/)

Ce mouvement change le rôle de l’armature. Les arceaux en fibre de verre doivent conserver une forme légère tandis que le support en hêtre transmet le geste sans demander à l’utilisateur de saisir le papier. Le revendeur Maison Makeba va jusqu’à préciser que la voile doit être manipulée par ses poignées pour éviter d’abîmer le washi.[7](https://isola.design/Designer-Projects-lumia)

Ce détail est presque plus important que tout le discours poétique autour de la Méditerranée : **la main ne touche pas la matière fragile pour régler la lumière**.

Le papier peut rester fin parce que le réglage appartient à une pièce plus robuste.

## Nova détache le papier

La suspension Nova pousse cette logique encore plus loin. Son corps central en brique extrudée mesure environ 10 × 10 × 44,5 cm et l’ensemble pèse 4 kg, tandis qu’un voile circulaire atteint 60 cm de diamètre.[2](https://www.maisoncedrat.com/produit/nova-terracotta-suspension-papier/)

Maison Cédrat indique que ce voile est fixé par **aimants** et que l’abat-jour peut être remplacé sur demande.[2](https://www.maisoncedrat.com/produit/nova-terracotta-suspension-papier/) Le luminaire utilise aussi une tige et un pavillon en laiton, des poulies en hêtre et des manettes en tungstène.

> Illustration: Suspension Nova Terracotta avec son voile de papier washi incliné autour du corps en brique. Sur Nova, le voile ne fait pas corps avec la brique : il peut être orienté et son système de fixation magnétique permet de séparer les deux parties. Credit: [Maison Cédrat](https://www.maisoncedrat.com/produit/nova-terracotta-suspension-papier/).

Cette séparation change beaucoup de choses. Le papier est la partie la plus exposée aux plis, aux déchirures et aux manipulations. Le rendre détachable évite que le sort de tout le luminaire dépende de celui de cette surface fragile. Une brique extrudée et un voile en fibres végétales ne vieillissent ni au même rythme ni de la même manière. L’interface magnétique accepte cette évidence au lieu de prétendre que l’objet est un bloc homogène.

Lumia annonce elle aussi un abat-jour remplaçable sur demande.[1](https://www.maisoncedrat.com/produit/lumia/) Dans les deux cas, la fragilité du papier n’est donc pas totalement niée par le design : elle est partiellement organisée.

## Ce que la lumière traverse

Lumia utilise une ampoule LED E14 donnée à 7 W et 806 lumens sur la fiche actuelle de Maison Cédrat ; Nova monte à une E27 LED de 11 W, 1055 lumens et 2700 K.[1](https://www.maisoncedrat.com/produit/lumia/)[2](https://www.maisoncedrat.com/produit/nova-terracotta-suspension-papier/) Isola indique également pour Lumia un système LED à 2700 K et une conformité CE.[7](https://isola.design/Designer-Projects-lumia)

Ces données confirment le type de source et la puissance prévue par le produit. Elles ne suffisent pas à calculer la température atteinte par le papier, sa distance minimale de sécurité ou une éventuelle classe de réaction au feu : ces informations ne sont pas publiées dans les fiches que nous avons consultées.

C’est une limite importante si l’on veut transformer l’objet en recette DIY. On peut apprendre de sa séparation structurelle, de son voile remplaçable et de ses interfaces ; on ne peut pas déduire d’une photo qu’un autre papier, une autre ampoule ou une autre géométrie auront le même comportement thermique.

La reproductibilité s’arrête donc avant le branchement électrique.

## L’interface compte

Le couple « terre + washi » est photogénique, mais il explique mal le fonctionnement de ces lampes. Une base lourde et une feuille souple ne coopèrent pas spontanément.

Ce qui les fait tenir ensemble est une petite architecture de médiateurs : fibre de verre pour former, hêtre pour soutenir et manipuler, aimants pour détacher, poignées pour éviter de saisir le papier, puis une ampoule LED dimensionnée pour le luminaire.

C’est là que la collection devient transférable à d’autres objets. Associer deux matières très différentes n’oblige pas à chercher une colle miraculeuse ou une fusion permanente. On peut au contraire **dessiner une interface qui respecte leurs durées de vie, leurs fragilités et leurs rôles**.

Chez Maison Cédrat, la terre reste lourde, le papier reste délicat, et la lampe fonctionne précisément parce qu’on n’a pas demandé à l’un de se comporter comme l’autre.

## References

1. [Maison Cédrat, Lumia](https://www.maisoncedrat.com/produit/lumia/)
2. [Maison Cédrat, Nova Terracotta](https://www.maisoncedrat.com/produit/nova-terracotta-suspension-papier/)
3. [Designboom, Maison Cédrat’s new lamps filter light through clay and handcrafted washi paper](https://www.designboom.com/design/maison-cedrats-new-lamps-light-clay-handcrafted-washi-paper/)
4. [Atelier Papetier, papier japonais pour l’architecture et le design](https://atelierpapetier.fr/papier-pour-design/)
5. [Atelier Papetier, fabrication du papier japonais](https://atelierpapetier.fr/accueil/fabrication-du-papier-japonais/)
6. [FORMÆ, Maison Cédrat](https://formaemagazine.com/fr/articles/maison-cedrat)
7. [Isola Design, Lumia](https://isola.design/Designer-Projects-lumia)
