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title: "Pentagram a livré le générateur avec le logo"
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category: "creative"
tags: ["Pentagram", "De Bijloke", "brand identity", "generative design", "motion design"]
published_at: "2026-08-23T20:45:00.000Z"
author: "Léa Perrin"
translation: "https://irz.fr/en/articles/de-bijloke-generator-with-logo-en.md"
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# Pentagram a livré le générateur avec le logo

Pour De Bijloke, Pentagram n’a pas seulement dessiné une identité fluide. Le studio a aussi construit un outil génératif assez simple pour que l’unique designer interne puisse produire lui-même de nouvelles formes.

Une identité « vivante » est facile à montrer dans une vidéo de lancement. Une courbe se déforme, les couleurs changent, le logo respire au rythme de quelques morceaux soigneusement choisis. Puis l’agence livre les fichiers, le client retourne à son calendrier de concerts et la belle animation finit souvent rangée quelque part entre un PDF de guidelines et un dossier After Effects que personne n’ose ouvrir.

Pentagram a essayé autre chose pour Muziekcentrum De Bijloke, à Gand : **livrer aussi l’outil qui produit les variations**.[1](https://www.pentagram.com/work/de-bijloke)[2](https://www.designweek.co.uk/pentagram-unveils-dynamic-visual-identity-for-historic-music-venue-de-bijloke/)

Ce détail transforme le projet. Le logo, dessiné par Marina Willer et son équipe, devient aussi l’entrée d’un petit système génératif que le designer interne de De Bijloke peut manipuler, animer et exporter lui-même.

Et De Bijloke n’a qu’un designer dans son équipe.[2](https://www.designweek.co.uk/pentagram-unveils-dynamic-visual-identity-for-historic-music-venue-de-bijloke/)

## Huit siècles

Le lieu rend le problème de départ assez particulier. Le bâtiment principal est élevé en **1251** pour servir d’hôpital ; il accueille son premier concert classique en 1988, devient officiellement une salle de concert municipale à la fin des années 1990 et connaît, en 2020, une importante rénovation acoustique menée avec DRDH Architects et Arup Acoustics.[3](https://www.bijloke.be/en/about-the-concerthall-j49y)

La programmation, elle, ne se limite pas au classique. De Bijloke accueille aussi jazz, musique contemporaine, créations expérimentales, festivals et événements familiaux.[1](https://www.pentagram.com/work/de-bijloke)[3](https://www.bijloke.be/en/about-the-concerthall-j49y)

Pentagram reçoit donc une contradiction assez classique en identité culturelle : faire sentir huit siècles d’histoire sans fabriquer une marque qui ressemble à un musée figé, et élargir le public sans repousser les habitués. Design Week rapporte que le brief demandait explicitement une image moins historique, le lieu attirant surtout des générations plus âgées alors que sa programmation couvre un spectre beaucoup plus large.[2](https://www.designweek.co.uk/pentagram-unveils-dynamic-visual-identity-for-historic-music-venue-de-bijloke/)

Le positionnement choisi résume cette tension par une phrase : « Alive in Every moment. Past, present and future. »[1](https://www.pentagram.com/work/de-bijloke)

> Illustration: Déclinaisons de l'identité De Bijloke conçues par Pentagram. Le système conserve une même famille de formes tout en changeant de comportement selon les programmes. Credit: [Pentagram](https://www.pentagram.com/work/de-bijloke).

## Une ligne

Le symbole principal est une ligne continue, souple et très contrôlée. Pentagram cite deux familles de références : les méthodes de notation non conventionnelles de **John Cage** et les formes produites par un **oscilloscope**, qui rend un signal sonore visible.[1](https://www.pentagram.com/work/de-bijloke)

Ce n’est pas un passage littéral du son au logo. Le studio explique avoir exploré plusieurs manières de représenter le mouvement et la musique pendant des workshops avec le client : gestes du corps, danse, notation, dessins, signaux. La notation de Cage finit par devenir une référence importante, tandis que l’oscilloscope fournit surtout un comportement graphique.[2](https://www.designweek.co.uk/pentagram-unveils-dynamic-visual-identity-for-historic-music-venue-de-bijloke/)

Autour de cette ligne, le reste de l’identité cherche plutôt le calme. Forma DJR sert de typographie principale ; la palette part de couleurs repérées dans le bâtiment, notamment ses éléments architecturaux, avant de les confronter à des tons plus vifs.[1](https://www.pentagram.com/work/de-bijloke)[2](https://www.designweek.co.uk/pentagram-unveils-dynamic-visual-identity-for-historic-music-venue-de-bijloke/)

Cette opposition compte : si tout bouge, plus rien ne paraît bouger.

## Plusieurs genres

Pentagram ne demande pas au même dessin de jouer toutes les musiques.

La forme principale reste la plus construite et convient notamment à la communication générale et au classique. Pour le **jazz** et la **new music**, les graphismes se rapprochent davantage de l’esthétique d’oscilloscope. Le jazz pousse l’idée d’improvisation ; la new music déforme encore le motif, jusqu’à une expression plus incontrôlée. Pour le programme **famille**, le geste se relâche jusqu’à rappeler un tracé au crayon.[1](https://www.pentagram.com/work/de-bijloke)[2](https://www.designweek.co.uk/pentagram-unveils-dynamic-visual-identity-for-historic-music-venue-de-bijloke/)

> UNE MARQUE, PLUSIEURS COMPORTEMENTS
> **Le genre change la règle**
> - La forme maîtresse reste précise, construite et immédiatement reconnaissable.: Classique
> - Le système devient plus fluide et reprend davantage les mouvements de l’oscilloscope.: Jazz
> - La forme est poussée plus loin pour traduire une programmation expérimentale et moins prévisible.: New Music
> - Le geste se relâche jusqu’à une version qui rappelle un dessin libre au crayon.: Famille
> Pentagram décrit ces variantes comme des comportements d’un même langage, pas comme quatre identités indépendantes.

Le risque d’un tel système apparaît immédiatement : plus les variantes s’éloignent, plus il devient difficile de produire régulièrement de nouveaux visuels sans demander à l’agence de revenir corriger le fichier.

C’est là que le projet devient plus intéressant que son logo.

## Le générateur

Pentagram a créé **trois patterns** associés aux programmes et un outil génératif chargé de les réinterpréter à travers les traitements jazz et new music. Selon la page projet, la sortie produit une série de formes toujours changeantes, adaptables au motion design et exportables dans n’importe quel format.[1](https://www.pentagram.com/work/de-bijloke)

Design Week ajoute le détail opérationnel qui manque souvent aux case studies : le logiciel a été volontairement conçu comme **« le générateur le plus simple »** possible pour cet usage, précisément parce que De Bijloke ne dispose que d’un designer interne.[2](https://www.designweek.co.uk/pentagram-unveils-dynamic-visual-identity-for-historic-music-venue-de-bijloke/)

Ce designer n’a pas découvert le système le jour de la livraison. Marina Willer explique qu’il a participé au processus avec l’équipe Pentagram afin de contribuer à sa création et d’apprendre à utiliser les outils.[2](https://www.designweek.co.uk/pentagram-unveils-dynamic-visual-identity-for-historic-music-venue-de-bijloke/)

> LIVRER AUTRE CHOSE QU’UN FICHIER
> **Du studio au client**
> - Une forme maîtresse fixe la reconnaissance et donne une limite au système.: Logo
> - Chaque programme possède un comportement visuel plutôt qu’une simple couleur dédiée.: Règles
> - Le logiciel transforme les patterns et produit des sorties destinées notamment au mouvement.: Générateur
> - L’unique designer interne participe au développement et apprend l’outil avant la livraison.: Transmission
> La partie technique n’est utile que parce qu’elle correspond aux ressources réelles de l’équipe qui l’exploitera.

Il serait facile de présenter cela comme un triomphe du generative design. Ce serait aller trop vite. Pentagram ne publie ni le code, ni les paramètres détaillés, ni une documentation technique permettant d’évaluer la profondeur réelle du logiciel. Rien ne prouve non plus, quelques semaines après le lancement, que De Bijloke produira dans deux ans des variations aussi fortes que celles montrées dans le portfolio du studio.

On sait au moins qui doit l’utiliser, pourquoi il a été simplifié et comment cette personne a été intégrée à sa conception. C’est déjà beaucoup plus concret que « nous avons créé un système flexible ».

## La vraie livraison

Une identité générative crée un problème que les identités statiques évitent : **qui devient l’auteur des prochaines images ?**

Si la réponse reste « l’agence », le système est dynamique seulement pendant la campagne de lancement. Le client possède des fichiers, mais pas forcément la capacité de produire de nouveaux états de la marque.

De Bijloke inverse cette logique. Pentagram garde la responsabilité de l’architecture visuelle, mais cherche à déplacer une partie de la production vers l’équipe du lieu. Le générateur sert moins à fabriquer une infinité de formes qu’à rendre certaines décisions reproductibles sans reconstruire le raisonnement graphique à chaque affiche.

C’est probablement la leçon la plus intéressante du projet pour les petites équipes créatives : la sophistication d’un outil ne se mesure pas au nombre de curseurs qu’il possède. Elle se mesure aussi à la possibilité qu’il soit encore utilisé quand ceux qui l’ont conçu ne sont plus dans la pièce.

Pentagram a dessiné le logo. La partie plus difficile était peut-être de savoir **ce qu’il fallait livrer avec**.

## References

1. [Pentagram, De Bijloke, août 2026](https://www.pentagram.com/work/de-bijloke)
2. [Design Week, Pentagram unveils dynamic visual identity for historic music venue De Bijloke, 17 août 2026](https://www.designweek.co.uk/pentagram-unveils-dynamic-visual-identity-for-historic-music-venue-de-bijloke/)
3. [Muziekcentrum De Bijloke, About the Concerthall](https://www.bijloke.be/en/about-the-concerthall-j49y)
