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title: "Ce compteur Geiger tient à une pile AA et à une aiguille"
locale: "fr"
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category: "tech"
tags: ["électronique", "Geiger", "analogique", "radioactivité", "low power"]
published_at: "2026-08-23T16:46:00.000Z"
author: "Manon Girard"
translation: "https://irz.fr/en/articles/analog-geiger-counter-aa-en.md"
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# Ce compteur Geiger tient à une pile AA et à une aiguille

Ludens construit un compteur Geiger analogique sensible avec un tube J306β, une pile AA, une alimentation 400 V et une aiguille. L’intérêt n’est pas la nostalgie : c’est la lisibilité immédiate du signal.

Un compteur Geiger est déjà une drôle de machine numérique. Chaque ionisation devient une impulsion. Un clic. Un oui minuscule.

Ludens choisit pourtant de terminer cette chaîne par une aiguille analogique, pas par un microcontrôleur et un écran. Le projet publié sur son site décrit un compteur portable, sensible aux faibles niveaux de radiation, alimenté par une seule pile AA, avec un tube J306β d’environ 20 cm posé au-dessus du boîtier.[1](https://ludens.cl/Electron/geiger2/geiger2.html) Hackaday l’a repéré comme un retour volontaire vers une lecture analogique du signal.[2](https://hackaday.com/2026/08/22/building-an-analog-geiger-counter/) Ce n’est pas son premier détour par les tubes Geiger : une page précédente racontait déjà un montage rapide né de la mémoire de Tchernobyl et d’un petit tube JAN5890 de surplus.[3](https://ludens.cl/Electron/geiger/geiger.html)

Ce n’est pas seulement une question d’ambiance Cold War, même si l’objet a clairement ce charme-là. La décision intéressante est plus pratique : quand on scanne une zone à la recherche d’une source faible, regarder une aiguille bouger peut être plus lisible que déchiffrer des nombres qui sautent sur un écran.[1](https://ludens.cl/Electron/geiger2/geiger2.html)

> Illustration: Compteur Geiger analogique portable Ludens avec tube long au-dessus du boîtier et cadran à aiguille. Le tube long augmente la sensibilité aux faibles niveaux, tandis que le cadran rend la variation visible sans interpréter une série de chiffres. Credit: [Ludens](https://ludens.cl/Electron/geiger2/geiger2.html).

## Grand tube

Le choix de départ est le tube. Ludens explique que les petits tubes produisent peu de coups par minute au niveau du bruit de fond, ce qui oblige à moyenner longtemps pour obtenir une mesure utile. Un tube plus grand capte davantage d’événements, donc donne plus de comptages pour la même intensité.[1](https://ludens.cl/Electron/geiger2/geiger2.html)

Son J306β est donné, selon les spécifications citées par Ludens, pour **88 coups par minute** au niveau moyen de fond et **8 coups par seconde** à **1 µSv/h**. Le tube mesure presque 20 cm de long pour environ 18 mm de diamètre.[1](https://ludens.cl/Electron/geiger2/geiger2.html) Ce format rend l’appareil moins compact, mais il autorise une autre décision : moyenner avec un simple filtre analogique.

Le compteur a deux plages. La basse va jusqu’à **1 µSv/h**, la haute jusqu’à **10 µSv/h**. Ludens ajoute avec une franchise assez saine que si quelque chose bloque l’échelle haute, il préfère courir plutôt que mesurer exactement combien il y a de radiation.[1](https://ludens.cl/Electron/geiger2/geiger2.html)

## Deux tensions

Toute la partie élégante du projet tient ensuite dans l’alimentation. La pile AA fournit environ 1,5 V. Le circuit doit en tirer **5 V** pour les circuits logiques et environ **400 V** pour le tube Geiger.[1](https://ludens.cl/Electron/geiger2/geiger2.html)

Le 5 V vient d’un petit convertisseur boost du commerce, dont Ludens donne quand même le schéma interne pour qui voudrait éviter le module. Le 400 V est plus personnel : un convertisseur flyback à modulation de fréquence d’impulsions, piloté par une porte inverseuse CMOS à trigger de Schmitt et un MOSFET.[1](https://ludens.cl/Electron/geiger2/geiger2.html)

La régulation haute tension utilise trois diodes 1N4148 montées en inverse, exploitées comme diodes d’avalanche autour de 390 V. Ce n’est pas une référence de laboratoire. C’est un choix de constructeur qui cherche une stabilisation suffisante avec très peu de courant dans la boucle de retour.[1](https://ludens.cl/Electron/geiger2/geiger2.html)

Le résultat annoncé est sobre : environ **1,1 mA** consommé à 1,5 V, les convertisseurs restant en régulation jusqu’à environ 0,8 V de pile. Ludens calcule plus de **2 000 heures** de fonctionnement avec une seule AA.[1](https://ludens.cl/Electron/geiger2/geiger2.html)

## Charge et aiguille

Le tube ne produit pas une valeur continue. Il produit des impulsions. Le circuit de mesure façonne chaque impulsion avec le trigger de Schmitt, fait cliquer un haut-parleur, puis injecte une quantité de charge dans un condensateur. La tension obtenue, qui se décharge à travers le galvanomètre, devient proportionnelle au taux de coups, donc à l’intensité relative mesurée.[1](https://ludens.cl/Electron/geiger2/geiger2.html)

Les constantes de temps sont adaptées aux deux plages : **4,4 s** en basse plage, **0,44 s** en haute. En basse plage, l’aiguille reste assez stable pour surveiller le bruit de fond; en haute, elle réagit presque immédiatement pour balayer une zone.[1](https://ludens.cl/Electron/geiger2/geiger2.html)

Le clic sonore reste présent, mais Ludens le relativise. À l’oreille, une augmentation modérée du taux est difficile à juger parce que les événements arrivent de manière irrégulière. Pour scanner, il faut regarder l’aiguille.[1](https://ludens.cl/Electron/geiger2/geiger2.html)

> Chaîne du signal
> **Un clic devient une aiguille**
> - Le tube produit une impulsion par ionisation.: 1
> - Le CMOS façonne l’impulsion et alimente le clic.: 2
> - Chaque impulsion ajoute une charge à un condensateur.: 3
> - Le galvanomètre moyenne la charge en mouvement visible.: 4
> Source : description du circuit Ludens.

## Pas un étalon

La limite importante est la calibration. Ludens n’a pas de source radioactive d’activité précisément connue. Il s’appuie donc sur les spécifications publiées du tube J306β, injecte un signal carré de **8 Hz** à l’entrée du circuit, puis règle l’aiguille pour atteindre le plein-échelle en basse plage.[1](https://ludens.cl/Electron/geiger2/geiger2.html)

Cette méthode rend l’appareil utile pour comparer, détecter des roches « chaudes » ou repérer un sac de nitrate de potassium plus actif que le fond local. Elle ne transforme pas le compteur en dosimètre certifié. Ludens le dit clairement : pour l’instant, son appareil est bon pour des mesures relatives.[1](https://ludens.cl/Electron/geiger2/geiger2.html)

C’est précisément ce qui rend le projet honnête. Il ne promet pas qu’un montage maison remplace un instrument de radioprotection. Il montre plutôt comment un signal discret, un tube choisi pour sa surface, une alimentation haute tension très frugale et une aiguille peuvent redevenir un outil de lecture immédiate.

Dans un monde où le réflexe normal serait de compter avec un microcontrôleur puis d’afficher un nombre, Ludens garde la question au niveau du geste : est-ce que je vois la zone changer quand je déplace le tube ?

## References

1. [Ludens, A portable, sensitive, low power, analog Geiger counter](https://ludens.cl/Electron/geiger2/geiger2.html)
2. [Hackaday, Building An Analog Geiger Counter, 22 août 2026](https://hackaday.com/2026/08/22/building-an-analog-geiger-counter/)
3. [Ludens, Quick and dirty Geiger counter](https://ludens.cl/Electron/geiger/geiger.html)
